Quinze pays, quinze façons de fêter un anniversaire : voilà ce qu’il faut garder en tête avant de parler d’« anniversaire à la russe » ou d’« anniversaire des pays de l’Est ». Les quinze anciennes républiques soviétiques sont aujourd’hui des États indépendants, avec leur langue officielle, leur histoire, leurs religions et leurs habitudes de table. Un anniversaire à Tbilissi, à Erevan, à Chișinău ou à Lviv ne se déroule pas comme un anniversaire à Moscou, et le fait que ces pays aient partagé un même État pendant des décennies ne les a pas rendus identiques.
Chacun d’eux a désormais sa page, avec ses plats de fête, ses toasts, ses cadeaux, les mots de la langue nationale écrits en vrai texte et traduits, et la manière de souhaiter l’anniversaire à un proche. Cette page sert de sommaire : elle pose ce qui rapproche et ce qui sépare, puis présente les quinze pays un par un.
Ce qui rapproche, ce qui sépare
Un fonds commun existe, et il serait faux de le nier. Certains plats de fête se retrouvent d’un pays à l’autre, comme la salade Olivier, devenue l’une des vedettes des tables du Nouvel An dans l’espace post-soviétique. L’anniversaire lui-même s’est installé progressivement dans les villes à l’époque soviétique, là où l’on fêtait auparavant davantage le saint patron. Cet héritage coexiste avec des traditions bien plus anciennes, propres à chaque peuple, qui l’ont souvent précédé et lui ont survécu.
Les différences, elles, tiennent à plusieurs choses. D’abord les langues : l’ukrainien, le biélorusse, le roumain, le géorgien, l’arménien, l’azéri, mais aussi le kazakh, l’ouzbek, l’estonien, le letton ou le lituanien appartiennent à des familles linguistiques sans rapport entre elles. Ensuite les traditions religieuses, du christianisme orthodoxe ou catholique à l’islam, qui donnent à la fête du prénom, liée au saint patron, une place très inégale. Enfin la cuisine : chaque pays possède ses plats de fête, que l’on ne confond pas d’une table à l’autre.
La documentation elle-même est inégale. Pour certains pays, la table, les toasts ou la fête du prénom sont bien décrits ; pour d’autres, l’usage propre à l’anniversaire reste mal connu, et les pages le disent plutôt que d’inventer une tradition. Dans tous les cas, ce qui relève de l’habitude familiale varie selon les régions, les générations et les croyances.
Une précaution, enfin, qui vaut pour tout ce qui suit : ne supposez pas que tout le monde parle russe. Dans certains pays, c’est une langue largement comprise, parfois officielle ; dans d’autres, les plus jeunes ne l’ont jamais apprise, et beaucoup de personnes préfèrent, c’est bien naturel, qu’on leur souhaite leur anniversaire dans leur propre langue. Un « bon anniversaire » prononcé en géorgien, en roumain ou en ukrainien, même maladroitement, fait toujours plus plaisir qu’une phrase en russe lancée par défaut.
Les quinze pays, un par un
Russie
Ne pas fêter à l’avance, offrir des fleurs en nombre impair, dresser une table qui déborde de zakouski et porter des toasts : l’anniversaire russe a ses habitudes, que la page dédiée distingue des simples clichés.

Tout le détail : anniversaire en Russie.
Ukraine
Gâteau de Kiev, hospitalité à table, toasts, fleurs en nombre impair, jour de l’ange et premier anniversaire de l’enfant : la page réunit ce qui est documenté, avec les formules en ukrainien.

Tout le détail : anniversaire en Ukraine.
Biélorussie
L’usage propre à l’anniversaire est peu documenté en Biélorussie. La page s’appuie sur ce qui est sourcé : les deux langues officielles, la table de pommes de terre, de miel et de pain, et les formules à employer.

Tout le détail : anniversaire en Biélorussie.
Moldavie
La langue, les vœux, la table de fête et la fête du prénom, avec honnêteté sur ce qui manque de sources : la Moldavie n’est pas à confondre avec la Roumanie voisine.

Tout le détail : anniversaire en Moldavie.
Géorgie
Un anniversaire géorgien se vit autour de la supra : le tamada mène les toasts, les plats se partagent, le vin et le chant font la fête.

Tout le détail : anniversaire en Géorgie.
Arménie
Peu d’écrits sur l’anniversaire lui-même, mais beaucoup sur la table, le toast, la fête de la première dent et le jour du prénom, avec les vœux arméniens traduits.

Tout le détail : anniversaire en Arménie.
Azerbaïdjan
L’usage propre à l’anniversaire est peu documenté ; la page élargit honnêtement à l’hospitalité, au thé, à la table, au toast, à la petite enfance et à Novruz.

Tout le détail : anniversaire en Azerbaïdjan.
Kazakhstan
La fête de famille tourne autour du dastarkhan, du thé et de la bénédiction d’un aîné. La page décrit le tusaukeser, le mushel zhas et les vœux en kazakh.

Tout le détail : anniversaire au Kazakhstan.
Ouzbékistan
La fête de famille se vit autour du thé, du pain et du plov, et la naissance se célèbre au beshik to’yi. L’anniversaire lui-même y est peu documenté, et la page le dit.

Tout le détail : anniversaire en Ouzbékistan.
Turkménistan
L’usage propre à l’anniversaire est peu documenté. La page présente ce qui est attesté : hospitalité, premières fois de l’enfant, table de fête et expressions turkmènes.

Tout le détail : anniversaire au Turkménistan.
Kirghizistan
Le pays jalonne la vie de fêtes précises plutôt que d’un gâteau annuel : quarante jours, premiers pas, cycle de douze ans. La page décrit ces étapes, la table et les vœux.

Tout le détail : anniversaire au Kirghizistan.
Tadjikistan
L’anniversaire lui-même est mal documenté, mais le berceau, le plat partagé, le thé et le Navruz le sont bien. La page dit ce qui est sourcé et comment souhaiter l’anniversaire à un proche tadjik.

Tout le détail : anniversaire au Tadjikistan.
Estonie
L’anniversaire est une pratique assez récente et peu décrite, mais sa table est connue : kringel, tartines de sprat, salades. S’y ajoutent le nimepäev, le jaanipäev et les vœux en estonien.

Tout le détail : anniversaire en Estonie.
Lettonie
La fête du prénom, vārda diena, compte autant que l’anniversaire. Calendrier des prénoms, kliņģeris, Jāņi et mots lettons traduits.

Tout le détail : anniversaire en Lettonie.
Lituanie
Peu documenté, l’anniversaire lituanien hérite des vardinės. La page rassemble ce qui est sourcé : fête du prénom, gâteau de famille, šakotis, plats nationaux et vœux en lituanien.

Tout le détail : anniversaire en Lituanie.
Avant d’écrire à un proche
Pour des vœux en français à adapter, rendez-vous du côté de souhaiter un anniversaire ; pour recevoir à votre tour, organiser un anniversaire et les idées de repas de fête donnent des repères. Entre la naissance et la fête du prénom, certaines personnes n’en célèbrent qu’une, d’autres les deux, d’autres aucune : une question discrète comme « tu fêtes plutôt ta naissance ou ta fête ? » évite le faux pas.
Questions fréquentes
Fête-t-on l'anniversaire ou la fête du prénom dans les pays de l'ex-URSS ?
Cela dépend du pays, de la religion et des familles. Avant 1917, on célébrait en Russie surtout la fête du prénom, et l'anniversaire de naissance s'est installé peu à peu, d'abord dans la noblesse, puis dans les villes à l'époque soviétique. Aujourd'hui, presque tout le monde fête son anniversaire, et dans plusieurs pays orthodoxes ou chrétiens la fête du prénom subsiste, seule ou en plus.
Peut-on souhaiter un bon anniversaire en russe dans tous ces pays ?
Mieux vaut s'en abstenir par défaut : chaque pays a sa langue officielle (ukrainien, roumain, géorgien, arménien, azéri, etc.). En Moldavie, par exemple, 80,5 % des habitants citent le roumain ou le moldave comme langue maternelle et 11,1 % le russe. Une formule dans la langue nationale est presque toujours mieux reçue.
Pourquoi y a-t-il autant de toasts à table ?
Dans plusieurs pays, notamment en Géorgie, en Arménie et en Ukraine, les toasts rythment le repas : un maître des toasts (tamada) en Géorgie, un premier toast à la raison de la réunion en Ukraine. On y trinque à la personne fêtée, aux invités, aux aînés, à la famille, et rien n'oblige à boire de l'alcool : un jus de fruits ou un thé fait aussi bien l'affaire.
Retrouve-t-on les mêmes plats d'un pays à l'autre ?
Quelques plats sont partagés, comme la salade Olivier, très présente sur les tables du Nouvel An dans l'espace post-soviétique, mais chaque pays a ses spécialités de fête : khachapuri en Géorgie, plov en Azerbaïdjan, plăcinte en Moldavie, draniki en Biélorussie.
Comment dit-on « joyeux anniversaire » dans les pays baltes ?
En estonien, on dit « Palju õnne sünnipäevaks ! », en letton « Daudz laimes dzimšanas dienā ! » et en lituanien « Su gimtadieniu ! ». Dans ces trois pays, mieux vaut employer la langue nationale que le russe, et demander à la personne la langue qu'elle préfère.