Le thé d’abord, la fête ensuite

En Ouzbékistan, avant de savoir ce que l’on mange pour un anniversaire, il faut savoir ce que l’on vous verse : du thé. Les sources consultées décrivent bien l’accueil, la table, les fêtes qui marquent la naissance. Elles sont en revanche muettes sur un rituel d’anniversaire qui serait propre au pays, d’un enfant comme d’un adulte, et nous préférons le dire que l’inventer. Ce qui suit est donc l’art de recevoir ouzbek, que l’on retrouve dans les fêtes de famille, anniversaires compris selon les foyers.

L’Ouzbékistan est un État souverain à la langue propre, l’ouzbek, écrit officiellement en alphabet latin. Pour comparer avec la Russie, dont les usages sont autres, ou avec les autres États de la région, le sommaire des pays de l’ex-URSS est là pour cela.

Un bol à moitié plein

Le thé vert, ko’k choy, est le premier geste de l’hôte. Selon un site de voyage, c’est l’hôte qui le prépare et le verse : les premières gouttes rincent le bol (piyola), puis on verse le thé dans le bol et on le reverse dans la théière à trois reprises. Le bol n’est jamais rempli plus qu’à moitié. C’est un compliment : cela permet de le resservir souvent, tandis qu’un bol plein signifie que l’heure du départ est venue. Plusieurs sources ajoutent que les invités d’honneur reçoivent un peu de thé à la fois et qu’en redemander est un signe de respect.

Les gestes comptent aussi. On tend et l’on reçoit le bol de la main droite, et la main gauche posée sur le cœur ajoute de la politesse. Si le thé a refroidi, l’hôte le jette avant de resservir. Ce n’est pas une fête sans thé : un repas commence et finit par lui.

Femme en blouse crème tendant un petit bol de thé vert bleu et blanc, l’autre main sur le cœur, devant des pains ronds, des abricots secs, des raisins, des noix et des sucreries en jardin ombragé
Offrir le thé la main sur le cœur est un geste d'accueil simple qui dit déjà tout du respect dû à l'invité.

Le pain, que l’on ne retourne pas

Sur la nappe, le non, le pain rond, est traité avec respect. Une description des coutumes précise qu’on le rompt à la main pour le partager entre les convives, ce qui symbolise l’union, et qu’il ne se pose jamais à l’envers et ne se jette pas.

Tout cela s’inscrit dans le dastarkhan, la nappe garnie d’offrandes. Une description des banquets veut que la table reste couverte de plats, que l’on change les assiettes à chaque service, et qu’il vaut mieux manger le pain et le fromage tôt, car le premier toast arrive en quelques minutes. Chaque convive peut ensuite tenir le rôle de maître de cérémonie à son tour. Si vous portez vous-même un toast, restez simple et sobre : le thé, ou toute boisson sans alcool, convient parfaitement pour trinquer à la santé de la personne fêtée.

Le plov, plat des grandes tablées

Le plov (palov ou osh, ce dernier mot signifiant plus largement « nourriture ») est le plat que l’on associe le plus au pays. L’UNESCO a inscrit sa culture au patrimoine immatériel et rapporte qu’on le sert pour les mariages, le Nouvel An et d’autres grandes occasions, qu’il est préparé aussi bien par des hommes que par des femmes, et qu’un dicton interdit à l’invité de quitter la maison sans en avoir reçu. Une description d’un grand banquet le place à la fin du repas, où il signale que celui-ci s’achève.

Un homme aux cheveux grisonnants remue un plov fumant dans un grand kazan en fonte : riz, carottes, pois chiches et morceaux de viande, avec des tables dressées derrière.
Le plov du kazan rassemble la famille et les invités autour de la même table.

Il existe aussi un plov du matin, ertalabki osh. D’après un site de voyage, il se prépare la veille, avec la découpe des carottes réservée aux hommes, et les invités se retrouvent à l’aube, après la prière du matin. On sert d’abord le pain, des fruits secs et du thé, puis le plov arrive sur de grands plats (lagan), chacun partagé par deux convives. Ce festin marque les moments forts de la vie : une naissance, un mariage, mais aussi un deuil, où il se tient dans le calme, sans musique. Nous n’avons trouvé aucune source solide qui relie ce plov à l’anniversaire d’un enfant. On peut le dire des fêtes de famille en général, pas d’une règle d’anniversaire.

Beshik to’yi, la fête du berceau

La fête de l’enfance la mieux décrite est le beshik to’yi, la « fête du berceau », où le nouveau-né est couché pour la première fois dans son berceau de bois, souvent sculpté et décoré de tissus colorés. Les sources ne s’accordent pas sur le jour : le septième, le neuvième ou le onzième après la naissance pour l’une, le quarantième pour une autre. Cela varie selon les familles et les régions.

Les grands-parents y tiennent un grand rôle. D’après une description en russe, c’est la grand-mère maternelle qui offre le berceau, en général pour le premier enfant, que les cadets utilisent ensuite. Les femmes âgées procèdent au premier emmaillotage et les femmes chantent des berceuses, les alla. Les invités apportent des vêtements, des jouets ou des couvertures, accompagnés de souhaits de santé et de bonheur pour l’enfant.

Une jeune femme en blouse crème et jupe rose se penche pour bercer un bébé endormi dans un berceau de bois sculpté, dans un salon aux poutres peintes où l’on voit du thé, des pains plats ronds et des fruits secs
Le berceau de bois accueille le bébé lors du beshik to'yi, la fête du berceau.

Si cette tradition vous inspire pour un petit de votre entourage, nos idées de cadeaux donnent de quoi choisir.

Pour un premier anniversaire, les cadeaux et jeux pour un bébé d’un an sont plus adaptés. Nous n’avons trouvé aucune source solide sur la manière dont un enfant ouzbek fête son anniversaire aujourd’hui, et nous ne la décrivons pas.

La fotiha, des souhaits avant et après le repas

Un autre geste mérite d’être connu : la fotiha, ces souhaits que les invités formulent à voix haute avant de manger, puis une seconde fois pour remercier l’hôte avant de partir. Selon la page d’une ambassade, on sert les brioches et le thé une fois la fotiha lue. Le mot renvoie à la première sourate du Coran et s’emploie aussi, plus largement, pour des prières et des souhaits. Il ne s’agit pas d’un usage d’anniversaire, mais d’un geste de table qu’une famille pratiquante accomplit avant un repas de fête.

Assis en tailleur autour d’une nappe, cinq convives de plusieurs générations tiennent les paumes ouvertes pour la bénédiction, devant une galette dorée, des fruits secs et des bols de thé.
Avant le repas, chacun lève les paumes pour formuler des vœux de santé et de bonheur à celui qu'on fête.

Si vous êtes invité, observez l’assemblée : si les mains se lèvent, imitez-les et attendez que la personne qui a pris la parole ait terminé. Vous pouvez remercier ensuite d’un mot simple, rahmat.

Invité chez une famille ouzbèke

Soyez ponctuel, apportez des sucreries ou un petit souvenir de chez vous pour les enfants de la maison, et retirez vos chaussures en entrant dans les pièces de vie. L’hôte vous indique votre place, et les sièges les plus éloignés de l’entrée sont les plus honorables. Entre hommes on se serre la main ; pour saluer une femme, on pose la main droite sur le cœur avec une légère inclinaison de la tête. Refuser une invitation est rare et suppose un motif sérieux, et l’on s’attend à goûter chaque plat que l’hôte présente.

Femme en robe rose pâle tenant une boîte cadeau au ruban crème, la main sur le cœur, accueillie à une porte en bois sculpté par une hôtesse souriante en soie verte, table dressée en arrière-plan
À la porte, l'invité arrive avec un petit cadeau, la main sur le cœur, et l'hôtesse l'accueille à bras ouverts.

Les convives plus jeunes cèdent volontiers leur siège et la parole aux aînés. Pour trouver les mots d’une carte, parcourez nos messages d’anniversaire, puis ajoutez une phrase en ouzbek.

Souhaiter l’anniversaire en ouzbek

L’ouzbek s’écrit en alphabet latin, ce qui rend les formules faciles à lire. La plus courante est Tug’ilgan kuningiz muborak bo’lsin !, « que votre anniversaire soit béni », que l’on fait suivre de Baxt, sog’lik va omad tilayman, « je vous souhaite bonheur, santé et chance ». Pour dire « je vous félicite pour votre anniversaire », on dit Tug’ilgan kuningiz bilan tabriklayman !. Dans un cadre soutenu, on rencontre Tavallud kuningiz muborak bo’lsin !, avec un mot plus formel pour « anniversaire ». En famille, on ajoute volontiers -jon, un suffixe affectueux : Dadajonim, tug’ilgan kuningiz muborak bo’lsin !.

Quelques mots ouzbeks pour la fête

Formules d'anniversaire et mots de la table, en alphabet latin officiel.

Tug'ilgan kuningiz muborak bo'lsin!
Que votre anniversaire soit béni ! Formule la plus courante, polie, avec le vouvoiement en -ingiz.
Tug'ilgan kuningiz bilan tabriklayman!
Je vous félicite pour votre anniversaire ! Au vouvoiement ; au pluriel on dit tabriklaymiz (nous vous félicitons).
Tavallud kuningiz muborak bo'lsin!
Que votre anniversaire soit béni ! Registre plus formel, avec le mot tavallud pour naissance.
Baxt, sog'lik va omad tilayman.
Je vous souhaite bonheur, santé et chance. Se dit à la suite des vœux d'anniversaire.
rahmat
merci Pour remercier d'un vœu, d'un cadeau ou d'un bol de thé.
ko'k choy
thé vert Premier geste d'accueil, servi dans un petit bol.
non
pain rond Rompu à la main et partagé ; il ne se pose pas à l'envers.
palov (osh)
plov Plat de riz des grandes tablées ; osh signifie aussi nourriture.
beshik to'yi
fête du berceau Fête où le nouveau-né est couché pour la première fois dans son berceau.
fotiha
souhaits dits à voix haute avant et après le repas Dits par les convives avant de manger, puis pour remercier l'hôte.

Ne mélangez pas la langue de votre message avec celle d’un autre pays d’Asie centrale. Pour comparer, voyez le Kazakhstan, où la bénédiction de l’aîné rythme le repas.

Le Tadjikistan est un autre voisin, où la documentation est plus mince encore. Et si vous recevez vous-même, organiser un anniversaire vous aidera à tenir le fil de la soirée.

Questions fréquentes

Comment souhaiter bon anniversaire en ouzbek ?

La formule courante est Tug'ilgan kuningiz muborak bo'lsin !, « que votre anniversaire soit béni », qui se prolonge par Baxt, sog'lik va omad tilayman, « je vous souhaite bonheur, santé et chance ». Tug'ilgan kuningiz bilan tabriklayman ! signifie « je vous félicite ». L'ouzbek s'écrit en alphabet latin, donc pas besoin de cyrillique.

Que signifie un bol de thé à moitié rempli ?

En Ouzbékistan, l'hôte ne remplit pas le bol plus qu'à moitié : c'est un compliment, car il pourra le resservir souvent. Un bol plein signifie que l'heure du départ est venue. On tend et reçoit le bol de la main droite, la main gauche sur le cœur ajoutant de la politesse. Ces gestes varient un peu selon les familles et les régions.

Qu'est-ce que le beshik to'yi ?

C'est la « fête du berceau », où le nouveau-né est couché pour la première fois dans son berceau de bois. Les sources donnent des dates différentes : le septième, le neuvième ou le onzième jour pour l'une, le quarantième pour une autre. Les grands-parents y jouent un grand rôle, les femmes chantent des berceuses, et les invités apportent vêtements, jouets ou couvertures.

Le plov est-il servi pour un anniversaire en Ouzbékistan ?

Le plov est le plat des grandes tablées, servi aux mariages, au Nouvel An et à d'autres occasions, selon l'UNESCO. Nous n'avons pas trouvé de source solide qui le relie précisément à l'anniversaire : on peut le dire des fêtes de famille en général. Il existe aussi un plov du matin, partagé à l'aube après la prière, pour des moments forts de la vie.

Sources

  1. Uzbek tea customs, Uzbek Travel
  2. Customs and traditions, ambassade d'Ouzbékistan en Malaisie
  3. Hospitality in Uzbekistan, Eurasia Travel
  4. Morning plov, Eurasia Travel
  5. Beshik Tuy, Eurasia Travel
  6. Традиция бешик-туй в Узбекистане, Advantour
  7. Traditions in Uzbekistan, Orexca
  8. Hospitality, Ohio State University, Uzbek language program
  9. Traditions in Uzbekistan: what foreigners need to know, WE Project
  10. Palov culture and tradition, UNESCO, Patrimoine culturel immatériel
  11. Voeux d'anniversaire en ouzbek, Talim Uchun