Voici la génoise telle qu’on la fait dans les cuisines de pâtisserie : quatre œufs, autant de sucre que de farine, et beaucoup de patience au fouet. On obtient un biscuit léger, fin de mie, d’environ trois centimètres de hauteur dans un moule de 24 cm, qui donne six à huit parts. Comptez une demi-heure de préparation, vingt à vingt-cinq minutes de cuisson et un bon moment de refroidissement. Le niveau est moyen : rien de compliqué, mais il faut respecter l’ordre des gestes. C’est la base de la plupart des gâteaux d’anniversaire garnis, à commencer par le fraisier.
L’essentiel en un coup d’œil
La génoise est un biscuit sans matière grasse ni levure : tout son moelleux vient de l’air emprisonné dans les œufs battus avec le sucre. C’est ce qui la rend à la fois délicate et très polyvalente, un classique de la pâtisserie française.
| Repère | Valeur |
|---|---|
| Préparation | environ 30 minutes |
| Cuisson | 20 à 25 minutes à 180 °C |
| Refroidissement | au moins 1 heure avant de découper |
| Moule | rond de 24 cm, beurré et fariné |
| Parts | 6 à 8 |
| Difficulté | moyenne : tout se joue sur le montage de la mousse |
Les proportions ont été recoupées avec deux sources de pâtisserie : la fiche de génoise du Meilleur du Chef et celle de la Cuisine d’Aubéry. Elles s’accordent sur l’idée centrale : le poids du sucre et celui de la farine sont égaux, et un peu inférieurs à celui des œufs sans coquille.
Ingrédients et matériel
Pour un moule rond de 24 cm :
- 4 œufs entiers à température ambiante (environ 200 g sans la coquille)
- 120 g de sucre en poudre
- 120 g de farine de blé, tamisée
- 1 pincée de sel, facultative
- un peu de beurre et de farine pour le moule
- en option : 50 g de beurre fondu et refroidi, pour une mie plus moelleuse
Côté matériel, il vous faut un saladier à fond plat (un cul-de-poule), une casserole pour le bain-marie, un fouet ou un batteur électrique, une spatule souple, un tamis et un thermomètre de cuisine si vous en avez un. Une grille pour le refroidissement complète le tout. Si vos œufs sont petits, vérifiez qu’ils font bien deux cents grammes ensemble une fois cassés, sinon ajoutez-en un demi.
Un petit conseil d’ami : sortez les œufs une demi-heure avant de commencer. Des œufs froids montent moins bien et refroidissent le bain-marie.
Les étapes pas à pas
Préparer le moule et le four
Beurrez le moule au pinceau, farinez-le, tapotez pour retirer l’excédent et réservez au frais. Allumez le four à 180 °C. Un moule bien préparé évite de s’arracher les cheveux au démoulage, surtout si vous avez prévu de couper la génoise en disques.
Monter les œufs et le sucre
Cassez les œufs dans le saladier, ajoutez le sucre et mélangez simplement. Posez le saladier sur une casserole d’eau frémissante, sans que le fond touche l’eau, et fouettez sans relâche. La température du mélange ne doit pas dépasser 45 °C : au-delà, les œufs commencent à cuire et vous obtenez des petits grains. Sans thermomètre, le doigt propre doit sentir une chaleur douce, jamais brûlante. Certaines sources de pâtisserie vont jusqu’à 60 degrés, mais 45 est plus prudent à la maison.
Quand le mélange est tiède, sortez-le du bain-marie et continuez à battre, au fouet électrique de préférence, pendant une dizaine de minutes. L’appareil doit doubler, voire tripler de volume, blanchir et retomber en ruban épais : en soulevant le fouet, la traînée reste visible quelques secondes à la surface. Il doit aussi avoir refroidi complètement.

Incorporer la farine
C’est l’étape qui fait ou défait la génoise. Tamisez la farine en pluie au-dessus de la mousse, en trois fois, et mélangez à la spatule en soulevant la masse de bas en haut, d’un mouvement circulaire. Arrêtez dès que la farine a disparu : chaque tour de trop casse des bulles. Si vous utilisez du beurre fondu, versez-le en filet sur le bord du saladier juste après la dernière farine, il doit être tiède, pas chaud, et se mélange en quelques gestes seulement.
Pour un biscuit encore plus tendre, certains pâtissiers remplacent 25 g de farine par de la fécule de maïs. C’est une variante à essayer une fois que la recette de base n’a plus de secret pour vous.
Cuire et démouler
Versez la pâte en une fois dans le moule, sans la racler vigoureusement, et enfournez tout de suite : une pâte qui attend perd son air. Comptez vingt à vingt-cinq minutes à 180 °C. La génoise est cuite quand elle est dorée, qu’elle s’est légèrement décollée des bords et que la lame d’un couteau ressort sèche. N’ouvrez pas le four avant quinze minutes. Placez le moule sur la grille du milieu : trop haut, le dessus brunit avant que le cœur ne soit cuit ; trop bas, le fond durcit. Si votre four chauffe plus fort en haut, posez une feuille de papier cuisson sur le moule pendant les dix dernières minutes.
Laissez-la reposer dix minutes dans le moule, puis passez un couteau fin le long des bords et retournez-la sur une grille. Laissez refroidir complètement avant de la couper, sinon elle s’émiette.
Les erreurs fréquentes et comment les rattraper
La génoise pardonne peu, mais la plupart des ratés ont une explication simple.
- Elle est creuse au centre : elle manquait de cuisson ou le four a été ouvert trop tôt. Rattrapage : coupez le creux et utilisez-la en disque de base pour un entremets.
- Elle est dense et compacte : la mousse n’était pas assez montée, ou la farine a été incorporée trop vigoureusement. Rattrapage : imbibez-la généreusement de sirop et garnissez-la, elle servira de fond de gâteau.
- Elle a un goût d’œuf prononcé : le mélange a trop chauffé, ou la cuisson était insuffisante. Rattrapage : parfumez le sirop d’imbibage avec de la vanille ou du zeste d’agrume.
- Le dessus est bombé : c’est normal. Pour obtenir un plateau, tranchez le sommet au couteau à pain et retournez la génoise.
- Elle est sèche : elle a cuit trop longtemps ou trop chaud. Rattrapage : imbibage plus généreux, ou garniture de crème.
Si vous préparez un gâteau pour le jour même, souvenez-vous qu’une génoise reposée une nuit au frais se découpe beaucoup plus proprement en disques fins. Préparez-la la veille, vous gagnerez en netteté.
Adapter la recette à votre moule
Un moule plus petit ou plus grand ne se règle pas à l’œil : la hauteur de la génoise et le temps de cuisson en dépendent. Voici des repères simples, établis en gardant la même proportion d’œufs, de sucre et de farine. Ne remplissez jamais le moule à plus de la moitié, la pâte double de volume en cuisant.
| Moule rond | Œufs | Sucre | Farine | Parts |
|---|---|---|---|---|
| 18 cm | 2 | 60 g | 60 g | 4 |
| 20 cm | 3 | 90 g | 90 g | 5 à 6 |
| 24 cm | 4 | 120 g | 120 g | 6 à 8 |
| 28 cm | 6 | 180 g | 180 g | 10 à 12 |
| 30 à 32 cm | 8 | 240 g | 240 g | 14 à 16 |
La cuisson s’allonge un peu avec la taille du moule. Fiez-vous toujours au test de la lame plutôt qu’au minuteur. Le tableau suppose des œufs de calibre moyen : en cas de doute, pesez-les.
Variantes, conservation et idées de fête
Une fois la base maîtrisée, les variantes sont presque infinies. Remplacez 15 g de farine par du cacao pour une génoise au chocolat, ajoutez le zeste d’un citron ou d’une orange dans la mousse, ou glissez de la noix de coco râpée dans la farine pour un gâteau tropical. La page gâteau d’anniversaire caramel coco en donne une version gourmande.
Pour les jours où le temps manque, la génoise rapide sans bain-marie existe, avec ses avantages et ses limites expliqués sur sa page.

Côté conservation, une génoise nature tient une journée à température ambiante sous un torchon, deux à trois jours au frais bien filmée, et plusieurs semaines au congélateur. Congelez-la plutôt déjà coupée en disques, séparés par du papier cuisson, et décongelez-les au frais.
Pour un anniversaire, la génoise devient le décor de toute la fête. Coupez-la en deux ou trois disques à l’aide d’un fil ou d’un couteau à pain, imbibez-les d’un sirop léger (parfumé à la vanille ou à l’orange pour les enfants), puis garnissez de crème et de fruits. Notre recette du fraisier s’appuie exactement sur cette génoise, taillée dans un moule de 20 cm. Pour la décoration, quelques copeaux de chocolat suffisent : les décors en chocolat vous guident pas à pas.
Si le gâteau doit voyager, laissez-le dans son moule jusqu’au dernier moment ou glissez-le sur un carton rigide : une génoise garnie est plus fragile qu’il n’y paraît, et le trajet en voiture est son pire ennemi. Une fois sur place, sortez-le du froid une petite demi-heure avant de servir, les saveurs et la texture y gagnent.
Pour retrouver d’autres idées de desserts et de menus, parcourez nos idées de repas de fête.
ALLERGÈNES : cette génoise contient du gluten (farine de blé) et des œufs. Le beurre du moule ou de la version moelleuse contient du lait. Vérifiez l’emballage de la farine et du sucre en cas d’allergie sévère, et prévenez vos invités si vous ajoutez des fruits à coque en décor ou en garniture.
Questions fréquentes
Pourquoi ma génoise retombe-t-elle ou reste-t-elle creuse au milieu ?
Le plus souvent, elle n'était pas assez cuite ou le four a été ouvert trop tôt. Une farine incorporée trop énergiquement fait aussi perdre l'air de la mousse. Gardez le four fermé pendant les quinze premières minutes et vérifiez la cuisson avec la lame d'un couteau qui doit ressortir sèche.
Peut-on réussir une génoise sans bain-marie ?
Oui, avec un robot qui bat longtemps et des œufs à température ambiante, mais la mousse sera un peu moins stable. La chaleur douce du bain-marie dissout le sucre et aide les œufs à monter plus haut. Si vous n'aimez pas ce montage, la version rapide de la page voisine est faite pour vous.
Combien de temps se conserve une génoise nature ?
Une journée à température ambiante sous un torchon propre, deux ou trois jours au frais bien filmée. Elle se congèle aussi, entière ou déjà coupée en disques, séparés par du papier cuisson. Décongelez-la lentement au frais avant de l'imbiber.
Faut-il toujours imbiber une génoise ?
Presque toujours si elle sert de base à un gâteau garni, car sa mie est naturellement sèche. Quelques cuillerées de sirop léger suffisent pour la rendre souple sans la détremper. Pour un gâteau nature avec un peu de sucre glace, vous pouvez vous en passer.